Eté 1967, Detroit. Des émeutes raciales éclatent après des exactions commises par des membres de la police, qui abattent trois jeunes afro-américains une nuit dans un hotel. Ils vont devoir répondre de leurs actes devant un tribunal. Après “Zero Dark Thirty”, Kathryn Bigelow réaffirme sa maîtrise de l’art de l’immersion et de la retranscription, et signe un drame historique qui ne laisse pas indifférent. D’abord pour sa scène choc de presque une heure située au centre du film, presque insupportable, dans laquelle Bigelow réussit à procurer un sentiment d’identification aux victimes, mais aussi aux bourreaux. Ensuite parce que le scénario fait tristement écho à l’actualité américaine. Ce qui a d’ailleurs déclenché une violente polémique aux USA : a-t-on le droit de faire du cinéma, d’esthétiser la souffrance des noirs ? Bigelow était-elle légitime pour faire ce film en tant que femme blanche ? Au delà des polémiques, Detroit reste un grand film sur l’Amérique d’hier, d’aujourd’hui et de demain, où depuis cinquante ans, l’histoire se répète.

Podcast animé par Charline Roux avec Stéphane Moïssakis, David Honnorat et Arnaud Bordas.

RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ÉMISSION

Ryan Reynold, Kathryn Bigelow, Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008), Paul Greengrass, Ken Loach, Barry Ackroyd, Strange Days (Kathryn Bigelow, 1995), Mark Boal, Spotlight (Tom McCarthy, 2015), La liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993), Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012), Will Poulter, Dead Presidents (Allen Hughes et Albert Hughes, 1995).

RECOMMANDATIONS ET COUPS DE COEUR

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